Comment parler des attentats de Paris avec ses enfants

Paris

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Le choc, la tristesse, la stupeur, mais aussi la colère et l’incompréhension devant les tragiques événements de Paris. 

Dans la vie nous ne sommes jamais à l’abri d’une tragédie, mais ce genre de violence gratuite est vraiment difficile à expliquer à nos enfants. Comment leur en parler et comment les rassurer lorsque nous sommes nous-mêmes confrontés à nos émotions et à nos doutes?  

 

 

La tragédie de Paris nous affecte tous à un degré ou un autre. De nombreux experts et coach de familles du monde entier se sont exprimés ce week end et j’ai voulu contribuer, dans l’espoir de vous aider à aborder ce sujet avec vos enfants. Les suggestions de phrases ne sont que des suggestions. A vous d’adapter en fonction de l’âge de vos enfants et de votre situation. 

Pour tous:

  • Avant de parler à nos enfants, nous devons nous rassurer nous-même.  Parler avec un autre adulte – reconnaître ses propres émotions – pleurer un bon coup – respirer profondément – dans la mesure du possible rationaliser les faits qui, aussi tragiques qu’ils soient, sont tout de même rares dans nos pays.   
  • Contrôlons nos conversations en leur présence. Les enfants qui voient leurs parents paniquer vont se sentir en danger permanent.  
  • Eteignez vos postes de radio et de télévision pour protéger vos enfants (et vous-mêmes) d’un surplus d’informations des médias. Ne montez pas le volume lorsque vous écoutez les infos et ne les laissez pas diffuser en permanence ce qui ne ferait que créer un sentiment d’urgence constante. 

 

Avec les tout petits:

  • Les bébés et les trotteurs en-dessous de 3 ans, n’ont pas besoin de savoir ce qui s’est passé.  
  • Les petits des maternelles ne savent pas faire la difference entre la TV et la réalité.  Les programmes de nouvelles en continu vont leur donner l’impression que les événements sont en court, ce qui va aggraver leurs peurs, d’autant plus s’ils vous ont vu pleurer et qu’ils ont senti votre détresse. 
  • Si vos enfants ont en-dessous de 6 ans, évitez de regarder les nouvelles en leur présence. Pour les petits qui ne comprennent pas ce qui se passe, le langage et les images fortes risquent d’aggraver leurs inquiétudes et de maintenir un sentiment de panique.  

 

Avec les jeunes enfants:

  • Ecoutez et répondez simplement et avec un minimum de détails à leurs questions: Ils auront certainement tous entendu parler des événements (les copains d’école, sirènes, médias, minute de silence etc) et ils vont se/vous poser des questions. Avant de répondre, questionnez-les pour les aider à digérer l’information en les faisant verbaliser:  

“Qu’est-ce que tu as entendu dire? Qu’est-ce que tu en penses?” 

“Il y a parfois des gens qui ne savent pas utiliser les mots pour dire ce qu’ils ont à dire. Ils se battent. Ils utilisent des armes pour faire du mal à ceux qui ne sont pas d’accord avec eux”. 

“Oui, ils ont blessé des gens. Oui, des gens sont morts ce week end à Paris. C’est très triste quand les gens se battent au lieu de discuter”. 

  • Certains enfants ne savent pas verbaliser leurs émotions ou réagissent en silence. Proposez-leur de dessiner ou de jouer avec leur petits personnages. Soyez attentifs à leur message non verbal (dessin de gens couchés et de fusils, personnages qui se battent, bruits de sirène, violence) mais ne les interrompez pas. C’est leur façon de s’exprimer et ils vaut mieux que leurs craintes soient extériorisées. Rassurez-les. 
  • Utilisez des mots simples, assurez-vous qu’ils comprennent ce que vous dites et évitez le surplus de détails dramatiques qui ne feraient que nourrir leurs angoisses. 
  • Les enfants seront naturellement affectés par le ton de notre voix et nos propres emotions. Il est sain d’exprimer ses sentiments mais attention à ne pas décharger toute notre angoisse sur nos enfants.
  • Nous n’avons peut-être pas toutes les réponses à leurs questions:  

“Nous ne savons pas encore très bien qui est responsable. Nous savons que ce sont des gens qui veulent nous faire du mal et qui veulent nous faire peur. La police travaille avec le gouvernement et les polices d’autres pays pour trouver ces mauvaises personnes et les punir. Il y a beaucoup plus de bonnes gens dans le monde qu’il y a de méchants”. 

  • Dites à votre enfant qu’il est en sécurité (même si vous n’en êtes pas entièrement convaincus vous-mêmes): mentionnez toutes les personnes qui font tout ce qu’elles peuvent pour nous protéger comme: la police, les soldats, le personnel soignant. 

“Les pompiers et les ambulances sont arrivés très vite pour secourir les gens qui avaient besoin d’aide. Les médecins dans les hôpitaux soignent tous les gens blessés. La police et les soldats surveillent les rues de la ville pour nous permettre de continuer à vivre normalement.” 

  • Rassurez-le que ce sont des événements plutôt rares, que vous êtes là avec lui/elle et que vous allez toujours tout faire pour le protéger. S’il semble particulièrement effrayé, proposez à votre enfant d’aller ensemble verifier que la porte est bien fermée à clé. 
  • Evitez de parler de ces événements le soir avant l’heure du coucher quel que soit l’âge.  Si votre enfant aborde tout de même le sujet, écoutez ce qu’il a à dire, validez ses émotions mais n’ajoutez pas de détails: 

“Tu trouves que c’est triste. Tu as eu peur en entendant les sirènes”

  • Pour apporter un sentiment de contrôle sur les événements, adressez le côté pratique. De nombreux enfants se sentent démunis face aux situations d’urgence. 
  • Rassurez-le et proposez d’en parler plus le lendemain. Terminez la journée avec la lecture d’une histoire douce et rassurante (qui fera du bien à tout le monde). 
  • Proposez-leur de réviser les plans d’urgence de votre famille: chacun est-il en possession des numéros d’urgence (famille, bureau, police)?  – Les enfants savent-ils quoi faire/qui appeler au cas où ils ne pourraient pas vous atteindre? – Possédez-vous les numéros de téléphones de leurs amis, des parents de leurs amis, de l’école? 
  • Parlez de la façon dont vous pouvez contribuer et aider la situation: dessiner des coeurs à déposer dans la ville – envoyer des pensées de courage et d’affection – allumer une bougie chez soi – rendre des services – dire à ses proches, à ses amis que nous les aimons. 
  • Apprendre à utiliser les mots pour exprimer besoins et émotions. Faire des jeux de rôles pour les aider à résoudre les disputes: “Tu aimerais le jouet de ta soeur mais elle ne veut pas te le prêter. Comment faire?” 

 

Et avec les plus grands:

  • Abordez le sujet vous-mêmes en questionnant ce qu’ils savent ou ce qu’ils ont entendu dire. Assurez-vous que leurs informations soient correctes. Intéressez-vous aux conversations qu’ils auront eu en classe ou avec leurs camarades. Ne pas minimiser leurs inquiétudes. Valider les points de vue différents. 
  • L’internet peut donner l’impression que les tragédies se répètent jour après jour. Même si c’est ce que nous pouvons penser en ce moment, il est de notre devoir de parent de rassurer nos jeunes et de les encourager à vérifier la crédibilité des infos qui circulent sur le net. 
  • Abordez les thèmes inhérents à ces événements tragiques: les jeunes qui tombent sous l’influence de chefs de groupes aux idées extrémistes, l’intolérance, le terrorisme mais aussi: la tolérance, le respect, la solidarité, la négociation, la communication non violente et l’empathie.
  • Parlons des bonnes choses qui se passent dans le monde: de celles dont on ne parle pas car le cerveau humain est branché pour remarquer surtout ce qui ne va pas.  

La solidarité qui émerge lors d’évènements tristes et difficiles,

Les symboles de paix (Peace for Paris),

Les situations d’entraide à travers le monde,  

Les avions qui atterrissent sans problèmes…

 

Continuez cette liste positive avec votre famille… 

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